Le Canada a sélectionné thyssenkrupp Marine Systems (TKMS) et le programme germano-norvégien 212CD comme fournisseur privilégié dans le cadre du Canadian Patrol Submarine Project (CPSP, Projet de sous-marins de patrouille canadiens). Cette décision signifie que le pays entame des négociations en vue d'acquérir jusqu'à douze sous-marins du même type que ceux de la Norvège et de l'Allemagne, dans ce que le gouvernement canadien décrit comme le plus grand appel d'offres de défense de son histoire.

Selon un communiqué de presse du gouvernement canadien, les nouveaux sous-marins remplaceront la vieillissante classe Victoria et renforceront la capacité de la marine canadienne à effectuer des patrouilles arctiques, de la surveillance sous-marine et des opérations de forces spéciales. Le gouvernement prévoit de finaliser les négociations contractuelles d'ici fin 2027, avec la livraison des quatre premiers sous-marins à partir de 2034. Si les négociations avec TKMS n'aboutissent pas, le sud-coréen Hanwha Ocean pourrait être envisagé comme fournisseur alternatif.

« Dans un monde plus dangereux et plus fragmenté, le Canada doit être prêt à défendre nos intérêts, à protéger nos citoyens et à assurer notre avenir. C'est pourquoi nous menons le plus grand appel d'offres de défense de notre histoire avec rapidité, ambition et discipline », déclare le Premier ministre Mark Carney dans le communiqué.

Dans un communiqué de presse de TKMS, la décision est décrite comme la plus grande commande individuelle de l'histoire de l'entreprise. La société indique que la commande, si elle est menée à terme, augmenterait le carnet de commandes actuel de plus de 50 pour cent et que le premier sous-marin canadien pourrait être livré dès 2033.

« Le CPSP est bien plus qu'un programme d'approvisionnement : c'est le fondement d'un partenariat stratégique à long terme entre alliés de confiance. Aux côtés du Canada, nous franchissons une nouvelle étape en tant que partenaires au sein de l'OTAN, fondée sur la confiance, des valeurs communes et un engagement partagé en faveur de la défense », déclare Oliver Burkhard, directeur général de TKMS, dans le communiqué de l'entreprise.

Le gouvernement norvégien souligne que l'adhésion du Canada signifie que la Norvège, l'Allemagne et le Canada disposeront à terme de jusqu'à 24 sous-marins identiques. Selon le gouvernement, une plateforme commune devrait offrir une interopérabilité accrue, une formation plus efficace ainsi que des coûts d'exploitation et de maintenance réduits.

« Avec le Canada et l'Allemagne, nous pouvons constituer la plus grande flotte conventionnelle de l'OTAN composée de sous-marins modernes et identiques. Cela renforcera à la fois notre propre capacité et la capacité collective de l'OTAN à surveiller et à contrôler les espaces maritimes du Nord », déclare le ministre norvégien de la Défense, Tore O. Sandvik.

Le gouvernement norvégien souligne également que cette décision devrait créer de nouvelles opportunités pour l'industrie de défense norvégienne, plusieurs entreprises fournissant déjà des équipements aux sous-marins 212CD norvégiens et allemands et pouvant désormais également participer aux livraisons canadiennes.

« Il s'agit d'une étape importante pour le programme 212CD et pour la coopération industrielle entre le Canada, la Norvège et l'Allemagne. Kongsberg possède une expérience de premier plan mondial en matière de systèmes de gestion de combat s'étendant sur plusieurs décennies, et nous nous réjouissons de contribuer davantage à un programme qui renforce les capacités sous-marines des alliés », déclare Eirik Lie, directeur général de Kongsberg, dans un communiqué de l'entreprise.

Nordic Defence Sector rapportait en février que le gouvernement norvégien avait commandé deux sous-marins supplémentaires auprès de TKMS, ce qui portera leur nombre total à six unités.