En juin, l'organisation d'acquisition de la défense allemande (BAAINBw — Bundesamt für Ausrüstung, Informationstechnik und Nutzung der Bundeswehr) avait annoncé que l'Arexis de Saab avait été sélectionné comme solution de capteurs privilégiée pour une variante de guerre électronique de l'avion de combat Eurofighter. Saab n'avait toutefois signé aucun contrat ni reçu de commande liée à cette annonce, comme l'avait précédemment rapporté Försvarssektorn Nyheter.
Le rôle d'avion de combat dédié à la guerre électronique au sein de la Luftwaffe était jusqu'alors assuré par le Tornado Electronic Countermeasures and Reconnaissance (ECR), dans lequel Saab avait précédemment intégré divers systèmes, et qui sera progressivement remplacé.
Saab lui-même décrivait en juin l'Arexis comme « [...] une solution de guerre électronique modulaire basée sur du matériel et des logiciels avancés, intégrant des algorithmes d'intelligence artificielle sophistiqués qui confèrent à l'utilisateur une capacité supérieure dans des environnements électromagnétiques complexes. »
– La guerre électronique et le renseignement constituent une exigence essentielle de l'OTAN : les conflits actuels et la situation sécuritaire présente démontrent l'importance capitale de ces deux capacités, déclare Michael Schöllhorn, directeur général de la division Defence and Space d'Airbus, dans le communiqué de presse d'Airbus.
Grâce au système de localisation d'émetteurs de Saab et au missile anti-radar AARGM (Advanced Anti-Radiation Guided Missile) de Northrop Grumman, l'Eurofighter EK sera en mesure de détecter, localiser et neutraliser les radars de défense aérienne. De plus, la solution Saab intègre des équipements de brouillage améliorant l'autoprotection de l'Eurofighter, précise Airbus.
L'Eurofighter EK embarque également des technologies développées par des petites et moyennes entreprises ainsi que par une start-up. Celles-ci comprennent notamment une solution d'intelligence artificielle permettant l'analyse des données radar à bord et la détermination rapide de mesures d'autoprotection précises, poursuit Airbus.
Helsing, une start-up allemande spécialisée dans la défense qui collabore avec Saab pour livrer le système, a précédemment suscité une attention considérable en Suède. Il y a un peu plus de deux ans, le cofondateur de Spotify Daniel Ek avait investi un milliard de couronnes suédoises dans cette start-up et en était devenu membre du conseil d'administration. Dans un communiqué de presse de Helsing daté du 16 juin, le cofondateur Gundbert Scherf affirme que la guerre en cours en Ukraine démontre que la cyberguerre joue un rôle critique, et que l'intelligence artificielle occupe désormais une place fondamentale dans la guerre électronique moderne.

