La Norvège et le Royaume-Uni ont signé un nouvel accord de défense bilatéral. L'accord porte notamment sur une capacité navale commune, une présence accrue de troupes britanniques en Norvège, ainsi que sur la coopération en matière de drones, de lutte anti-sous-marine et de protection des infrastructures sous-marines.
Selon le gouvernement norvégien, l'accord, baptisé Lunna House, vise à renforcer les capacités de défense dans l'Atlantique Nord et à améliorer l'état de préparation en cas de crise ou de conflit. La coopération comprend l'intégration des marines norvégienne et britannique, des exercices communs ainsi que l'utilisation partagée de navires, de technologies et d'équipages.
« La Norvège et le Royaume-Uni doivent être liés encore plus étroitement sur le plan militaire afin de renforcer le flanc nord de l'OTAN et la présence dans l'Atlantique Nord. Cela renforce la sécurité de la Norvège, du Royaume-Uni et de nos alliés en cette période troublée », déclare le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre dans le communiqué de presse.
Selon le ministère britannique de la Défense, l'accord prévoit que les deux pays exploiteront conjointement une flotte de frégates de Type 26, composée de huit unités britanniques et d'au moins cinq norvégiennes, avec pour mission de surveiller les mouvements des sous-marins russes, de protéger les câbles sous-marins et d'autres infrastructures critiques. Les deux pays partageront les installations de maintenance et participeront à des exercices et opérations communs dans l'Atlantique Nord et en Arctique.
L'accord englobe également de nouveaux projets relatifs aux drones et aux systèmes autonomes, avec un accent particulier sur la surveillance dans les régions nordiques. Les enseignements tirés du soutien maritime conjoint apporté à l'Ukraine seront mis à profit pour développer des drones à faible coût et des systèmes sans pilote destinés au déminage et aux opérations sous-marines. Le Royaume-Uni rejoindra également le programme norvégien de développement de navires-mères sans équipage.
« Nous nous engageons à rapprocher les marines norvégienne et britannique comme jamais auparavant. Cela signifie que nous partageons des navires, des technologies et des équipages, mais aussi que nous développons des capacités communes pour faire face aux menaces dans le Nord », déclare le ministre norvégien de la Défense Tore O. Sandvik.
L'accord prévoit également une présence accrue des Royal Marines britanniques en Norvège tout au long de l'année, et non plus seulement lors des exercices hivernaux. Le prépositionnement de matériel britannique en Norvège et le développement de capacités communes de lutte anti-sous-marine font partie de cette coopération élargie.
Le ministre britannique de la Défense John Healey présente l'accord comme un élément central de la stratégie du gouvernement visant à renforcer les alliances de défense européennes.
« Grâce à cet accord, nous patrouillons ensemble dans l'Atlantique Nord, nous nous entraînons en Arctique et nous développons des équipements de pointe qui protègent nos citoyens, aujourd'hui et à l'avenir », déclare-t-il dans le communiqué de presse britannique.
Le nom Lunna House fait référence à la base de résistance historique des îles Shetland (Écosse, Royaume-Uni), utilisée par le groupe connu sous le nom de « Shetlandsgjengen » (le Gang des Shetland) pendant la Seconde Guerre mondiale, dans le cadre d'une coopération entre les forces britanniques et norvégiennes.

