La Commission de préparation à la défense (Försvarsberedningen) a publié son rapport final Capacité de défense renforcée - La Suède en tant qu'alliée. La décision de défense couvre une période de cinq ans et les dépenses de défense devront être portées à l'équivalent de 2,6 % du PIB, selon le modèle de calcul de l'OTAN.

Les réactions au rapport final ont été nombreuses.

Carl-Oskar Bohlin (M), ministre de la défense civile, constate que les crédits alloués à la défense civile représentent « la plus grande hausse d'ambition pour la composante civile de la défense totale (totalförsvar) depuis la chute de l'Union soviétique ». Il adresse également « un grand merci à l'ensemble de la Commission de préparation à la défense pour les éléments qu'elle a fournis en vue des prochaines décisions de défense ».

Pål Jonson (M), ministre de la Défense, se félicite que la commission propose une hausse à 2,6 % du PIB (selon le modèle de calcul de l'OTAN). Le rapport constituera un élément central des travaux du gouvernement en vue de la décision de défense 2025-2030, mais il précise que le gouvernement reste ouvert à des ajustements si la situation sécuritaire l'exige, ainsi que lorsque les exigences capacitaires de l'OTAN seront fixées l'année prochaine.

Amanda Wollstad, rédactrice en chef de Svensk Tidskrift et vice-présidente du Comité atlantique suédois (Atlantkommittén), se dit déçue par l'annonce : « Pas assez, pas assez vite, et surtout pas suffisant pour apurer les dettes laissées par les décisions de défense précédentes — depuis des décennies. »

Oscar Jonsson, chercheur à l'École supérieure de défense suédoise (FHS), estime notamment que la qualité générale du rapport final est très bonne, soulignant que le rapport est empreint de clarté et d'une hausse d'ambition. Il s'inquiète toutefois du « fossé potentiel entre la rhétorique et la pratique », où les grands systèmes coûteux à commander « absorberaient le budget au point que le ciment qui maintient l'ensemble ne serait pas suffisant ».

Johan Wiktorin, membre de l'Académie royale suédoise des sciences de la guerre et directeur général d'INTIL Group, écrit que le rapport final « s'est avéré légèrement meilleur que prévu, mais pas du tout suffisant au regard de la situation. » Il souligne par ailleurs qu'un aspect positif est que « les partis sont unanimes sur les grandes lignes du rapport et que l'on investit dans la défense civile. »

Le lieutenant-colonel Björn Nolén, en poste au K 4 (régiment de chasseurs de Norrland, nord de la Suède) et blogueur militaire sous le pseudonyme Jägarchefen, écrit que le passage concernant le fait que les bataillons de chasseurs et de chasseurs de Norrland sont développés pour [...] des opérations spéciales nationales ainsi que, dans certains cas, pour le soutien aux opérations spéciales de l'OTAN est « vraiment excellent ! ».

Patrik Oksanen, chercheur senior au groupe de réflexion Frivärld, écrit brièvement qu'« appeler cela un grand investissement est une illusion », en réponse au constat de Torbjörn Nilsson, journaliste au Svenska Dagbladet, selon lequel l'annonce d'aujourd'hui, comparée aux budgets d'il y a quelques décennies, ne saurait être qualifiée de « grand investissement ».

Henrik Paulsson, chercheur à l'École supérieure de défense suédoise (FHS), se réjouit de la place accordée à l'innovation en matière de défense dans le rapport, un aspect qu'il estime avoir été absent des rapports précédents.

L'Association suédoise des entreprises de sécurité et de défense (Säkerhets- och försvarsföretagen) se félicite « que la commission constate clairement l'importance des entreprises dans le renforcement des capacités. » Elle ajoute qu'elle « constate que la Commission de préparation à la défense accorde une grande importance au savoir-faire technologique et à son rôle croissant dans la capacité opérationnelle. Toutefois, la commission néglige son importance stratégique et sécuritaire majeure et s'attarde sur d'autres aspects des besoins capacitaires et du développement technologique pour la période allant jusqu'en 2030. »