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Chronique annuelle de Laura Swaan Wrede : la Défense territoriale – une force en constante évolution
Le chef de la Défense territoriale nationale Laura Swaan Wrede partage ses réflexions sur l'année écoulée. La chronique met en lumière l'évolution au sein de la Défense territoriale, la situation géopolitique modifiée et le travail continu pour renforcer la préparation de la Suède. C'est un aperçu personnel et stratégiquement important d'une année marquée par l'engagement et la volonté de défense.
La Garde nationale suédoise (Hemvärnet) – une force de combat en constante évolution
Nous allons bientôt laisser derrière nous une année riche en événements, au cours de laquelle notre environnement international a continué d'être marqué par des guerres et des conflits. Nous constatons néanmoins l'émergence d'une Suède plus forte, de forces armées plus solides et d'une Garde nationale renforcée – en particulier depuis que la Suède fait partie de l'Alliance de l'OTAN depuis bientôt deux ans. Du fait de son appartenance à l'OTAN, la défense de la Suède commence désormais aux frontières extérieures de l'Alliance. Conformément à l'article 5, nous devons être en mesure de défendre nos alliés, et ceux-ci doivent être en mesure de nous défendre en cas d'agression armée. Parallèlement, nous demeurons responsables du maintien et du développement de notre propre capacité à résister à une agression armée, telle que définie à l'article 3. Cela confère à la Garde nationale un rôle de plus en plus important : grâce à notre haut niveau de préparation opérationnelle, être les premiers sur place et accomplir nos missions. Nous créons ainsi les conditions favorables permettant aux autres composantes des Forces armées suédoises (Försvarsmakten) et aux autorités civiles d'opérer efficacement.
Dans la mesure où notre frontière nationale ne constitue pas la frontière extérieure de l'OTAN, la Suède en tant qu'espace géographique se voit attribuer un nouveau rôle. Auparavant, notre territoire représentait une zone de combat potentielle pour la défense suédoise ; nous sommes désormais passés au statut de zone arrière, ou d'avant-zone arrière, propice au déploiement de capacités militaires. Dans ce contexte, le soutien à la nation hôte devient une mission essentielle pour la Suède. Nos régions militaires, avec leurs unités subordonnées – dont les unités de la Garde nationale – ont ici un rôle crucial à jouer. La capacité à fournir un soutien régional à la nation hôte est et demeurera une mission prioritaire au sein de la force de combat qu'est la Garde nationale.
Au sein de la force de combat, nous avons établi depuis de nombreuses années des coopérations axées sur les pays de notre environnement géographique proche. Parmi ces coopérations figurent notamment Skandia, dans le cadre de laquelle nous collaborons avec les gardes nationales du Danemark et de la Norvège, ainsi que Scanbal, qui nous associe aux gardes nationales et aux unités territoriales du Danemark, de la Norvège, de la Lituanie, de l'Estonie et de la Lettonie. Notre principal objectif dans le cadre de ces coopérations est d'accroître plus rapidement notre capacité au combat armé. Par le biais d'exercices communs, nous développons nos tactiques, nos techniques et nos méthodes afin de combattre encore plus efficacement notre adversaire.
Dans le cadre de nos coopérations internationales, nous avons mené au cours de l'année de nombreuses réunions et exercices fructueux. Pour ne citer que quelques-uns de ces exercices, l'exercice Hedgehog en Estonie, l'exercice Namejs en Lettonie et l'exercice Arctic Light au Groenland nous ont apporté des enseignements particulièrement précieux et ont renforcé nos capacités. Ce que ces exercices ont en commun, c'est que nous avons participé à des entraînements très réalistes nous préparant à nos missions principales : protéger, surveiller et perturber. Je suis extrêmement fier des soldats de la Garde nationale qui, par leur haut niveau de compétence, leur volonté et leur engagement, ont encore renforcé nos excellentes relations internationales et les coopérations essentielles pour la force de combat. Notre coopération internationale fait la différence et continuera de constituer une composante naturelle de notre développement et de nos activités.
Il convient également de souligner tout particulièrement la contribution de la force de combat à l'opération Interflex, dirigée par le Royaume-Uni. Depuis que les Forces armées suédoises ont reçu ce mandat en 2022, nous avons contribué, conjointement avec l'Armée de terre, à la formation de plus de 56 000 volontaires ukrainiens, instructeurs et soldats confondus. La Garde nationale a assuré la conduite de cette formation à plusieurs reprises, mobilisant au total 500 instructeurs – tant du personnel employé par les régions militaires que des soldats volontaires de la Garde nationale –, et nous avons de nouveau assumé cette mission au cours du premier semestre de cette année. C'est une opération qui a beaucoup exigé de notre personnel et de nos soldats. C'est pourquoi je suis particulièrement fier que les évaluations des formations de soldats et d'instructeurs menées par la force de combat aient obtenu d'excellents résultats.
Nous devons oser innover pour accueillir et former des volontaires dans le contexte international tendu qui prévaut aujourd'hui. La formation militaire volontaire (FMU – Frivillig militär utbildning) est l'une de ces initiatives qui, selon nous, peut combler le déficit de recrutement résultant de nombreuses années de suspension du service militaire obligatoire, nous offrant ainsi la possibilité de pourvoir nos unités en soldats. Notre nouveau concept de formation a suscité un intérêt international, et plusieurs forces armées étrangères souhaitent désormais en savoir davantage sur son organisation.
La formation en elle-même n'est pas nouvelle, dans la mesure où elle repose sur des cours existants au sein de la Garde nationale. Ce qui est nouveau, c'est que ces cours ont été regroupés afin que chaque individu puisse les suivre en une seule séquence continue. L'individu est ensuite affecté à une unité de la Garde nationale, où la formation se poursuit jusqu'à l'objectif final : devenir soldat au sein de la Garde nationale. Au cours de l'été, la première session de formation a été menée avec d'excellents résultats, et en 2026, la FMU sera dispensée en plusieurs endroits à travers le pays. Dans les années à venir, la force de combat qu'est la Garde nationale poursuivra son développement, en mettant l'accent sur la constitution d'unités bien formées et bien équipées, tout en étant un allié fiable.
Laura Swaan Wrede
Général de division
Chef national de la Garde nationale suédoise