Les Pays-Bas avaient reçu trois offres lorsque la fenêtre d'appel d'offres pour quatre nouveaux sous-marins s'est fermée le 28 juin. Saab Kockums a soumis, conjointement avec le chantier naval néerlandais Damen Shipyards, l'une des offres. Les deux autres ont été déposées respectivement par le français Naval Group et l'allemand ThyssenKrupp Marine Systems.

Selon un communiqué de presse du gouvernement néerlandais, les offres seront désormais examinées par les forces armées des Pays-Bas, et une décision définitive sera rendue au cours du premier trimestre 2024. Chaque soumissionnaire a également présenté des propositions de coopération industrielle au ministère néerlandais du Climat et de l'Économie. L'une des exigences est que l'offre renforce l'industrie de défense néerlandaise et bénéficie à l'industrie nationale en général.

L'allemand ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS) propose aux Pays-Bas une variante de la classe 212CD, qu'il a précédemment vendue à l'Allemagne et à la Norvège. Le consortium était auparavant propriétaire de Kockums avant que Saab ne le rachète à l'été 2014. Le 212CD E, où le « E » signifie « Expeditionary » (expéditionnaire), est notamment plus grand et dispose d'une plus grande autonomie. ThyssenKrupp indique que l'un des avantages de son offre est que la majeure partie des coûts de développement sera partagée avec l'Allemagne et la Norvège, la production totale devant dépasser douze coques. Le contrat avec la Norvège et l'Allemagne avait fait sensation lors de sa signature en 2021. Dans ce qui allait devenir le plus grand contrat de l'histoire de TKMS, les autorités allemandes et norvégiennes d'acquisition de défense ont signé un accord conjoint portant sur six sous-marins identiques de la classe 212CD de ThyssenKrupp, pour une valeur d'environ 5,5 milliards d'euros.

Naval Group indique dans son offre qu'il est actif aux Pays-Bas depuis 2017. Il souhaite poursuivre le développement de partenariats stratégiques avec l'industrie néerlandaise et souligne que les entreprises néerlandaises jouent déjà un rôle important dans ses contrats d'exportation existants. Dans une interview accordée à Naval News en novembre 2022, Laurent Mourre, directeur commercial Europe et Amérique du Nord, explique qu'ils proposent une variante de la classe Barracuda. La marine royale néerlandaise est déjà aujourd'hui un acteur de premier plan en matière de capacités sous-marines, et Laurent Mourre précise que Naval Group comprend que les Pays-Bas ont, par conséquent, des exigences très élevées. Thierry Petit, responsable marketing sous-marins, ajoute que leur sous-marin sera performant dans divers environnements, tels que la Méditerranée, la mer du Nord et les Caraïbes.

Le contrat germano-norvégien de TKMS n'était pas le seul événement marquant dans le domaine des sous-marins en 2021.

L'Australie a abandonné un accord de plusieurs milliards portant sur douze sous-marins avec Naval Group, au profit du partenariat américano-britannique désormais connu sous le nom d'AUKUS. Cela s'est produit sans aucun préavis, selon les Français. Un incident diplomatique majeur a éclaté ; la France a notamment rappelé ses ambassadeurs des États-Unis et d'Australie. L'année suivante, un règlement a été conclu, l'Australie versant 550 millions d'euros à Naval Group. 

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