FSN : Pourquoi la France crée-t-elle un poste d'attaché de sécurité pour les pays nordiques ?
EH : Mon arrivée en Suède est le symbole que nos pays partagent plusieurs intérêts communs en matière de sécurité – notamment en ce qui concerne le travail policier et le maintien de l'ordre public. Nous souhaitons échanger encore davantage de connaissances et d'expériences. Cette démarche n'est pas motivée uniquement par la menace russe – nous devons également développer notre coopération contre la criminalité organisée.
FSN : La France s'engage donc davantage dans le nord de l'Europe ?
EH : Tout à fait, la France tourne davantage son attention vers le nord. Ce nouveau poste d'attaché souligne l'engagement renforcé et l'intérêt de la France pour le nord de l'Europe dans son ensemble. L'année dernière, un poste d'ASI (Attaché de sécurité intérieure) a été créé pour les pays baltes, avec siège à Vilnius, en Lituanie. Nous avons énormément en commun avec nos partenaires nordiques en général, et nous pensons avoir beaucoup à apprendre les uns des autres.
FSN : Comment s'est passée votre première période ici ?
EH : J'ai déjà rencontré des représentants du ministère de la Justice ainsi que votre directeur national de la police, Anders Thornberg. De manière générale, je souhaite établir le plus grand nombre possible de contacts au sein des autorités chargées de l'application de la loi et du ministère de la Justice.
FSN : Quelles sont vos premières impressions générales ?
EH : J'ai une très bonne première impression d'ensemble. Nombreux sont ceux en Suède qui connaissent bien la France pour y avoir travaillé, et beaucoup parlent également un excellent français. Je suis souvent frappé par les nombreuses similitudes qui existent entre nous. Mais il y a bien sûr aussi de nombreuses différences ; nos organisations sont structurées de manière totalement différente. Nous disposons de deux forces de police nationales, dont l'une, la gendarmerie, est militaire. Nous (la gendarmerie) sommes déployés en missions à l'étranger en tant que prévôts (police militaire) au service des forces françaises. Cette organisation est le fruit de notre héritage historique. Nous avons eu deux forces de police depuis le XVIIe siècle, et cela a très bien fonctionné pour nous.
FSN : Quelles sont les attributions de votre nouveau poste d'attaché de sécurité ?
EH : Même si les contacts officiels via Europol et Interpol fonctionnent très bien, nous souhaitons approfondir la coopération bilatérale avec chacun des pays nordiques. Il s'agit de mettre en place des canaux de coopération et d'établir des points de contact entre nos systèmes judiciaires à différents niveaux. Cela implique naturellement une veille internationale conséquente. Par ailleurs, je suis également conseiller de l'ambassadeur, plus précisément sur les questions qui relèveraient de la compétence du ministère français de l'Intérieur si nous étions en France.
FSN : Il ne s'agit pas seulement de votre première affectation diplomatique, mais vous devez également créer un nouveau poste d'attaché de toutes pièces. Cela semble être un véritable défi ?
EH : Il est vrai que c'est ma première mission diplomatique, mais j'ai déjà effectué des missions à l'étranger auparavant. En 2018-2019, j'étais prévôt en chef à Gao, au Mali. C'est là que j'ai d'ailleurs rencontré des policiers militaires suédois, qui ont laissé une très bonne impression. Auparavant, j'ai travaillé dans d'autres régions d'Afrique ainsi qu'en Afghanistan. Mais une grande partie du travail dans mon nouveau poste consiste à nouer des relations et à créer des réseaux, domaine dans lequel j'ai une solide expérience.

